Un article de Toulouse

Sainte Héléna

SOUTADÉ Martine



Sainte Héléna, protectrice des Toulousains, a retrouvé sa famille

Martine Soutadé, a retrouvé son aïeule grâce à des articles de presse.

Publié le  , mis à jour 

Héléna, sainte dans le cœur des Toulousains pour les grâces qu'elle accorderait, est enterrée à Terre-Cabade. Après des mois de recherches menées depuis la Guadeloupe, Martine s'est découvert un lien de parenté avec la sainte populaire.

Cimetière Terre-Cabade, Toulouse. Au milieu des tombes marbrées et écornées par les années, voisine du buste du résistant Marcel Langer, on trouve une petite sépulture surmontée d'un baldaquin de lierre, ornée de centaines de plaques de marbre, exvotos, remerciements, prières… Ici est enterrée Héléna Soutadé (1835-1885).

Depuis plus de 130 ans, sa tombe est fleurie par des anonymes. Sainte dans le cœur des Toulousains pour les grâces qu'elle accomplirait, elle est restée longtemps orpheline de famille. C'était jusqu'à il y a peu. «Suite à plusieurs articles dans les journaux, mon frère m'a dit : «Regarde cette sainte, elle porte le même nom que nous», se souvient Martine Soutadé. Étrange. Cette passionnée de généalogie installée en Guadeloupe remonte alors patiemment le fil grâce aux archives.

«Le père d'Héléna est né à Ambialet, dans le Tarn, détaille la lointaine cousine. Héléna, elle, a vu le jour à Albi. Après un an de recherches, j'ai trouvé que son grand-père était le frère d'un de mes aïeux».

Pèlerinage en famille

La découverte fait son petit effet dans la famille, dont certains membres sont toujours installés en terres tarnaises, et d'autres à Toulouse. «Nous n'en avions jamais entendu parler !»

Mais l'orthographe du patronyme et les archives ne sauraient mentir… Au début du mois, plusieurs membres de la famille sont venus en pèlerinage sur la tombe de la sainte. L'occasion de la nettoyer, d'organiser les nombreux panneaux et bouquets de fleurs.

«On sait très peu de chose sur sa vie, poursuit la cousine. Elle était fille unique et orpheline très jeune. Elle a été recueillie au couvent des Minimes». Grâce à l'éducation qu'Héléna reçoit, elle devient institutrice.

«Elle avait un don pour sentir les choses, poursuit Martine Soutadé. Comme des prémonitions. Elle conseillait les enfants sur les sujets à étudier»… Depuis, sainte Héléna est réputée pour donner des coups de pouce aux jeunes qui vont passer un examen. On attribue aussi à l'institutrice le pouvoir de rabibocher des amants volages ou encore celui d'aider les femmes à tomber enceinte.

Des visites tous les jours

«Il n'y a pas un jour où on ne nous demande pas où se situe la tombe de sainte Héléna, affirme Hubert Gesse, conservateur du cimetière. Nous accompagnons les visiteurs en voiturette quand ils ne peuvent pas y aller seul. Et parfois, nous les voyons revenir une deuxième fois.» Signe que leur prière a été exaucée ? À en croire les nombreux «merci» accrochés sur la tombe, peut être bien…

«Il y a quinze jours, nous sommes venus pour la première fois en famille pour nettoyer la tombe, poursuit Martine Soutadé. Il y avait tellement de petits mots, de prières… Aujourd'hui, j'en vois des nouveaux. C'est impressionnant. Et tout cela s'est fait tout seul !» Par le bouche-à-oreille et la croyance populaire.

L'Église n'a en effet jamais canonisé Héléna. Même pas sûr que la demande ait été formulée. «Si elle n'est pas reconnue par l'Eglise, qu'importe, affirme sa descendante. Sainte Héléna est reconnue dans le cœur des gens…»


Une vie au service des autres

Sainte Héléna est née en 1835 dans le Tarn et rejoindra Toulouse avec sa famille quelques années après. Orpheline très jeune, elle est recueillie par les sœurs du couvent des Minimes et deviendra institutrice. La «sainte» était, selon la légende, éperdument amoureuse d'un homme de plus haute naissance qu'elle. Un amour impossible mais auquel elle ne renonça jamais, malgré le mariage de son amant avec une autre. Ce jeune homme fut rattrapé par la guerre et mourut dans les années 1870. Héléna fit alors ériger une tombe à Terre-Cabade… qui resta vide à jamais. Pourtant, tous les jours jusqu'à sa mort, elle venait au cimetière se recueillir et nettoyer les tombes avoisinantes. Au bout d'un moment, tout le monde la connaissait ! On dit qu'a sa mort, deux tourterelles suivirent le cortège et se posèrent sur le cercueil, jusqu'à ce qu'il fût mis en terre…

Ch.D.

Laisser un commentaire

Vous devez être Connecté en tant que pour poster un commentaire.